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Le
programme d'action gouvernemental pour la société
de l'information (PAGSI)
En janvier 1998, le gouvernement a lancé un
programme d'action gouvernemental pour la société
de l'information qui fait des enjeux culturels et linguistiques
une de ses priorités.
Le 19 janvier 1999, le Premier ministre a annoncé
la deuxième phase de ce programme d'action qui
se déploiera, sur deux ans, autour de quatre
axes principaux :
- Bâtir un cadre législatif protecteur
des échanges et de la vie privée ;
- Développer la culture, les contenus et la
présence de la France sur l'internet ;
- 1999 - 2000 : vers l'administration électronique ;
- Pour une société de l'information
solidaire : l'accès pour tous, enjeu social
et territorial.
Renforcer
la présence de la France dans la société
de l'information pour renforcer la présence du
français : le rapport Bloche
Patrick Bloche, député de Paris, a été
chargé par le Premier ministre de lui remettre
un rapport sur la présence internationale de
la France et la francophonie dans la société
de l'information. Son rapport, rendu public le 7 décembre
1999, fait de nombreuses propositions pour renforcer
la présence du français et des autres
langues dans l'espace numérique.
Dès le 19 janvier 1999, le Gouvernement a adopté
un ensemble de propositions issues de ce rapport, notamment
pour accroître la présence de contenus
en français : renforcement des dispositifs
d'aide aux éditeurs et aux créateurs et
des programmes de numérisation en direction du
grand public. En outre, afin de favoriser un cadre juridique
favorable aux contenus français, la création
d'un Conseil supérieur de la propriété
littéraire et artistique a été
décidée.
La diffusion gratuite des données publiques
essentielles par l'internet fera des progrès
significatifs : mise en ligne gratuite des annonces
des marchés publics en 1999, mise en uvre
d'une bibliothèque numérique des rapports
publics...
La numérisation
des contenus
- La numérisation
des fonds patrimoniaux
La numérisation des fonds patrimoniaux est une
des priorités du ministère de la culture.
Le ministère soutient la numérisation
des fonds patrimoniaux, iconographiques et sonores en
région. Ainsi, le serveur internet de la Bibliothèque
nationale de France, Gallica,
qui donne accès à environ deux millions
de pages numérisées, sest enrichi
en 1999 de Gallica Classique, consacré aux uvres
classiques de la littérature française,
du Moyen âge au XIXe siècle (Bibliothèque nationale de France).
- Favoriser
la diffusion des données publiques
Les services publics ont un rôle essentiel à
jouer dans la mise à disposition de contenus
en langue française sous format numérique.
Le PAGSI pose le principe dune diffusion gratuite
sur linternet des « données publiques
essentielles » : cette notion sapplique
aux domaines tels que les textes juridiques, linformation
administrative, les rapports officiels et enfin les
données culturelles. Le rapport
Mandelkern sur la « Diffusion des données
publiques et la révolution numérique »,
remis le 17 novembre 1999, précise la notion
de données publiques essentielles .
Dès maintenant, la diffusion gratuite des données
publiques par linternet se développe :
diffusion des rapports publics sur le site Service-public.fr
(en liaison avec la Documentation française)
et des textes essentiels du droit français sur
le site Légifrance
.
Donner
l'exemple en matière de plurilinguisme dans les
services de l'État
L'ouverture de la France sur le monde doit se faire
dans plusieurs langues. L'État doit donner l'exemple
:
- le plurilinguisme sur les sites internet de l'administration
La circulaire du Premier ministre du 7 octobre 1999
précise que lorsque les informations mises à
disposition sur les sites internet gouvernementaux sont
traduites, elles doivent lêtre en au moins
deux langues :
"Le recours éventuel à des traductions
en langue étrangère doit se faire dans
les conditions prévues à l'article 4 de
la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi
de la langue française, qui autorise la traduction
des écrans en anglais à condition de proposer
également une traduction dans au moins une autre
langue étrangère.
Le choix des langues étrangères utilisées
relève de la responsabilité des services
concernés en fonction de leurs objectifs de communication."
(Circulaire Premier ministre du 7 octobre 1999, 2.2.2
Langue)
- la traduction dans l'administration
"Il convient de développer la traduction
des donnée essentielles présentes sur
les sites publics. En effet, l'internet, du fait de
sa dimension mondiale, constitue un outil privilégié
pour permettre l'accès des publics non francophones
à l'information administrative et pour faire
connaître les politiques publiques menées
dans notre pays. L'exemplarité de l'administration
française dans ce domaine doit en outre conforter
les positions prises par la France en faveur de la diversité
culturelle et de la pluralité linguistique sur
l'internet."(Circulaire Premier ministre du
7 octobre 1999, 2.2.2 Langue)
Le ministère de la culture et de la communication
a, pour sa part, conduit avec les services de la direction
des Archives de France une expérimentation portant
sur des outils informatiques d'aide à la traduction.
Cette expérience a permis de réaliser
un logiciel d'aide à la traduction très
performant pour le domaine des archives.
Des
termes français pour la société
de l'information
L'appropriation des technologies de l'information et
de la communication par le plus grand nombre suppose
une promotion volontariste de l'usage des termes francophones.
Le PAGSI a donc demandé à la Commission
générale de terminologie et de néologie
(Cogeterm) de proposer des recommandations régulières
en ce sens. La délégation générale
à la langue française met à disposition
sur l'internet les listes de termes publiées
au Journal officiel par la Commission générale
de terminologie. Plusieurs listes sont déjà
disponibles dont une liste de termes de l'informatique.
Une liste
de termes de l'internet a été publiée
au Journal officiel du 16 mars 1999.
Consulter les autres
listes
Développer
des outils d'accès à l'information et
de communication pour le plus grand nombre
Chacun doit pouvoir utiliser sa langue dans la société
de l'information. C'est indispensable pour éviter
de faire naître une société de l'information
à deux vitesses. Il faut ainsi que les standards
techniques internationaux permettent la diversité
linguistique.
Constituer des ressources
linguistiques pour développer le traitement automatisé
de l'information
L'avenir est aux interfaces et aux produits plus conviviaux
et plus intuitifs.Dès aujourd'hui des produits
de reconnaissance et de dictée vocale, des services
de recherche d'information " intelligents ",
des logiciels d'aide à la traduction de plus
en plus performants sont disponibles sur le marché.
Il faut qu'ils traitent le français et qu'ils
existent en français. Pour cela, les industriels
et les chercheurs doivent disposer de corpus linguistiques
numérisés importants et variés
pour élaborer et tester les produits liés
au traitement informatique du langage.
Dans le cadre du PAGSI, le gouvernement a chargé
la DGLF et le ministère de la recherche d'encourager
la constitution de corpus écrits et oraux du
français contemporain par l'Association européenne
pour les ressources linguistiques (ELRA).
Plusieurs appels d'offre ont été lancés.
Voir aussi les liens dans "espace
pour les traducteurs" et "nos liens
préférés"
- Participer activement
à la normalisation et à la standardisation
Les normes et les standards ne sont pas neutres face
aux langues et aux cultures. Le " problème
des accents " dans le courrier électronique
a révélé aux non spécialistes
de ces questions l'importance de ces enjeux. D'autres
défis demeurent : la définition des
claviers et des interfaces du futur, l'internationalisation
et la localisation des logiciels, l'indexation des images
animées... Il faut que nous soyons présents
dans les instances où ces normes sont élaborées
et que nous favorisions la diffusion de celles qui savent
prendre en compte la diversité culturelle et
linguistique.En 1999, le rapport de Jean-François
Abramatic sur le Développement technique de l'internet
recommandait de renforcer la participation française
aux organismes de standardisation.
La DGLF soutient l'action de l'Association française
de normalisation (AFNOR)
et du Groupe d'experts français pour les standards
de l'internet (GEFSI)
pour qu'ils assurent la présence d'experts dans
les groupes de travail concernés. Une veille
sur l'ensemble du secteur est exercée, notamment
dans le cadre d'un groupe de travail franco-québécois :
NOTIAL.
Par ailleurs, la DGLF apporte son soutien à l'ISOC-France,
organisatrice des rencontres de l'internet français
à Autrans.
Voir aussi les liens dans "nos liens
préférés"
- Les
Écritures du monde sur l'internet
Le site Écritures du monde, développé
par l'INaLCO avec le soutien du ministère de
la culture et de la communication, présente les
différentes écritures, leurs aspects historiques
et géographiques. Il décrit les normes
permettant de lire et d'échanger sur les réseaux
numériques les différentes écritures
(cyrillique, arabe, tamoule, chinoise, inuktitut).
Renforcer
les échanges dans l'espace européen et
francophone
L'Europe
Le souci de la France d'une société
de l'information respectueuse de la diversité
linguistique est partagé par l'Union européenne.
Le programme européen
"Multilinguisme dans la société de
l'information" (MLIS
-achevé en 1999) a aidé les entreprises
et les créateurs européens à produire
des contenus multilingues pour l'internet et le multimédia.
En 1999, la Commission a pris une initiative visant
à prolonger les programmes INFO 2000 (aide à
l'industrie multimédia européenne) et
MLIS.
Le programme
"eContenu"
Le programme "Contenu
numérique européen sur les réseaux
mondiaux" ("eContent") a été
adopté lors du Conseil du 22 décembre
2000, pour une durée de quatre ans (2001-2004).
Doté d'un budget de 100
MEuro, il comporte trois lignes d'action :
1. améliorer l'accès
à l'information du secteur public
et généraliser l'exploitation de cette
information
2. développer la production
de contenu dans un environnement multilingue et
pluriculturel
3. dynamiser le marché
du contenu numérique
Information sur
le programme (document au format RTF, 30 ko)
Description du 2e appel d'offre (lancé le 1er
novembre 2001)
Tout
savoir sur le programme (présentation en
anglais, textes officiels en 11 langues)
La Délégation générale
à la langue française et aux langues de
France participe au groupe d'experts chargé du
suivi de ces différents programmes. Elle suit
par ailleurs les projets européens concernant
le commerce électronique ou les initiatives pour
l'adaptation de l'Europe à la société
de l'information.
La francophonie
La Francophonie multilatérale a retenu parmi
ses priorités la présence du français
dans la société de linformation.
Le plan daction adopté lors du VIIe sommet
francophone de Hanoï (1997), prévoit la
création dun fonds multilatéral
qui permet de soutenir des projets réalisés
en partenariat entre des acteurs du Nord et du Sud.
Ce fonds vise à démocratiser laccès
aux inforoutes et à créer une aire de
développement culturel, économique et
social soutenue par les échanges de savoir et
les transferts de compétences entre le Nord et
le Sud . Placé sous la responsabilité
du Secrétaire général de la francophonie,
M. Boutros Boutros-Ghali, et doté de 41 millions
de francs par an, il a permis de soutenir plus dune
soixantaine de projets. Dans leur déclaration
finale, les Chefs dÉtat et de gouvernement
réunis à Moncton à loccasion
du VIIIe sommet francophone ont réaffirmé
limportance de ce fonds et demandé une
augmentation de ses moyens financiers. Fonds francophone des inforoutes
L'Agence universitaire de la francophonie (AUPELF-UREF)
a mis en place en juin 1994 le réseau Francil
qui fédère les laboratoires de recherche
publics des pays francophones. Ce réseau a su
regrouper l'ensemble des acteurs francophones de la
recherche dans ce secteur. Les actions de recherche
partagée (A.R.P.) permettent de favoriser les
échanges entre les équipes et les laboratoires
sur des thèmes fédérateurs. En
1999, l'Agence universitaire francophone a lancé
la 2ème campagne d'Actions de recherche concertée
(ARC) sur quatre thèmes :
- reconnaissance, synthèse et dialogue vocal
- évaluation de recherche documentaire mono
et translingues
- extraction terminologique
- alignement de corpus, phrases et mots , bilingues
L'Agence de la Francophonie (A.C.C.T.)
soutient les activités du réseau international
des observatoires francophones du traitement informatique
du langage et des inforoutes (RIOFIL), qui se consacre
en priorité à la présence du français
sur les inforoutes et tout particulièrement à
la veille sur le traitement informatique des langues
pour l'utilisation des réseaux. Le RIOFIL
a élaboré un site sur l'internet consacré
à la diffusion d'informations sur les produits
et les services francophones en ingénierie linguistique.
En 1999, l'Agence de la francophonie a décidé
de fusionner les deux réseaux RINT et RIOFIL.
Voir aussi les liens dans "espace
pour les traducteurs" et "nos liens
préférés"
-
La
place des langues sur l'internet
La France est entrée dans la société de l’information
et elle y est entrée en français : le nombre d’internautes
français a progressé de 47% en 2000, pour atteindre
8,47 millions au quatrième trimestre de l’année, selon
le baromètre publié par Médiamétrie le 12 février 2001.
Ces chiffres confirment la forte progression du parc
informatique français, lequel double en moyenne chaque
année.
- Les langues latines
sur l'internet
Chaque année, depuis 1998, l’association Funredes
« Réseaux et développement » et l’Agence de la francophonie
réalisent une enquête sur la présence des langues
latines sur l’internet : les chiffres communiqués en
2001 par l’Union latine montrent que le français se
situerait à la deuxième place des langues latines sur
l’internet (4, 61%), derrière l’espagnol (5, 69%) et
devant l’italien (3, 06%), le portugais (2,81%) et le
roumain (0,17%). Ces chiffres se fondent sur l'hypothèse
d'une part d'internautes anglophones estimée
à 52 %. Le français enregistre par conséquent
une progression de 22% entre 1998 et 2001, alors que
le pourcentage de pages en anglais a baissé d'un tiers
sur la même période.
Etude
Funredes
Le tableau suivant résume les conclusions de
l'enquête sur la présence des langues sur
l'internet. Les résultats expriment la fréquence
des réponses à des requêtes effectuées
sur des mots clés en plusieurs langues, les pourcentages
reposent sur l'hypothèse d'une présence
des contenus en langue anglaise estimée à
60%. L'espagnol est le mieux placé dans l'étude
parmi les langues latines, suivi de près par
le français :
| Les langues sur le réseau
|
en 1998 |
en 2000 |
en 2001 |
| Anglais |
N. D.
|
60% |
52% |
| Espagnol |
3,45% |
4,85% |
5,69% |
| Français |
3,79% |
4,39% |
4,61% |
| Italien |
2,35% |
2,77% |
3,06% |
| Portugais |
1,16% |
2,14% |
2,81% |
| Roumain |
0,22% |
0,19% |
0,17% |
| Allemand |
|
6,30% |
6,97% |
| Reste |
|
19,30% |
24.69% |
Présence
absolue des langues sur le réseau
Si l’internet a pris son essor en anglais, le succès
même du réseau et le développement des sites entraînent
un accroissement spectaculaire de la communication et
des échanges dans les langues autres que l’anglais.
En effet, une enquête effectuée par Global
Reach en 2000 révélait que les anglophones
étaient passés en dessous de la barre
des 50%. La même enquête, renouvelée
en décembre 2001, précise que les anglophones
connectés au réseau mondial ne seraient
plus que 43 %. Les internautes européens non anglophones
représenteraient 31,8 % et les internautes asiatiques
25,3 %. Avec une population connectée estimée
à 16,8 millions (soit 3,3% des utilisateurs de
l'internet), la francophonie se placerait en 8e position,
derrière le japonais (8,9 %), le chinois (8,8 %), l'allemand
(6,8 %), l'espagnol (6,5 %) et le coréen (4,6 %). Le
portugais (2,6%) est en revanche passé derrière
le français, l'italien étant la langue
de 3,8% des personnes connectées. Cette évolution
va dans le sens d’une affirmation de la diversité linguistique
et culturelle soutenue par la France et permet d’envisager
une meilleure répartition de l’utilisation des langues
dans la société de l’information. Elle montre également
à quel point le développement de l'accès
à l'internet dans les pays francophones ainsi
qu'une politique volontariste de création et
de mise à disposition de contenus en français
sera déterminante pour la présence du
français sur les autoroutes de l'information.
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